Reconnaissance des mots

 

L’apprenti-lecteur doit reconnaître les mots à l’aide de différents moyens pour se constituer peu à peu un vocabulaire global de lecture. Tout au long de notre vie de lecteur, nous aurons toujours besoin de ce processus.

 

Comment pouvons-nous reconnaître un mot nouveau ? Qu’est-ce qui nous aide à l’identifier ? Il y a plusieurs stratégies que nous appelons les entrées en lecture.

 

 

Les entrées en lecture

Le lecteur émet des hypothèses sur le texte à partir de différents indices. L’élève doit utiliser plusieurs entrées de lecture lui permettant de reconnaître un mot afin de comprendre ce qu’il lit. Ces stratégies sont au nombre de cinq. Nous avons mis entre parenthèses à quels indices ces entrées correspondent.

l’entrée grapho-phonétique (indices phonologiques)

 

l’entrée syntaxique (indices syntaxiques)

 

l’entrée sémantique (indices sémantiques)

 

l’entrée morphologique (indices morphologiques)

 

l’entrée idéographique (indices visuels)

 

 

L’entrée grapho-phonétique

 

Cette entrée est utilisée lorsque le lecteur décode un mot, c’est-à-dire qu’il en reconnaît certaines lettres ou certaines syllabes qu’il associe pour former le mot. L’élève peut aussi comparer des parties de mots qui sont semblables pour réussir à décoder un mot nouveau. Cette stratégie est surtout utilisée pour les mots nouveaux qui sont rencontrés lors de la lecture.

 

Exemple : Un lecteur débutant qui tente de lire pour la première fois le mot «locomotive » doit se rappeler le son associé aux lettres qui forment ce mot, puis les syllabes formées par le rassemblement des lettres et enfin, il associe les syllabes pour décoder le mot. Le lecteur peut aussi se rappeler qu’il connaît certains mots qui ont des syllabes semblables. Par exemple, il se souvient du « co » de cochon ou du « ti » de tisane.

 

 

L’entrée syntaxique

 

L’entrée syntaxique est employée lorsque le lecteur trouve le sens d’un mot à partir de ce qu’il connaît de l’organisation d’une phrase et de l’ordre des mots dans la phrase. Le lecteur se base donc sur ses connaissances implicites de la syntaxe pour tenter de découvrir le sens d'un mot.

 

Exemple : Si le lecteur réussit à reconnaître que le premier mot d’une phrase est « Je », il s’attend à ce que le prochain mot soit un verbe. Il concentre alors sa recherche dans cette classe de mots.

 

 

L’entrée sémantique

 

C’est l’entrée qu’utilise le lecteur lorsqu’il se fie au sens du texte pour prédire ce qui va se passer par la suite. Cette entrée est aussi utilisée lorsque le lecteur émet des hypothèses sur le sens du texte en se basant sur le contexte : illustrations, titre, connaissance du sujet traité, etc.

 

Reconnaissance des mots

 

 

Exemple : Un lecteur qui aborde un texte observe l’illustration qui représente un chat. Il lit ensuite le titre du texte : « Mon chat gris ». Il peut alors facilement prédire que le texte va porter sur un chat. En lisant la première phrase : « Mon chat gris adore jouer. », il fait l’hypothèse que la suite du texte décrit les jeux qu’aime le chat en question. L’élève utilise le contexte pour faire des prédictions ou des hypothèses d’ordre sémantique ce qui l’aide à mieux comprendre le texte

L’entrée morphologique

Cette entrée est employée lorsque le lecteur reconnaît le début du mot mais que celui-ci se termine d’une façon différente. Par exemple, les marques de genre et de nombre, les temps de verbe, etc. Le lecteur emploie aussi cette stratégie lorsqu’il tente de reconnaître un mot dans un autre mot (la racine).

Exemple : Un lecteur qui connaît le mot « aider » sera capable, en utilisant l’entrée morphologique, de reconnaître le mot « aidera » ou le mot « aident ». Il pourra également retrouver le mot « aide » dans le mot « entraide ».

L’entrée idéographique

Cette entrée est utilisée quand le lecteur reconnaît globalement un mot à partir de son vocabulaire de lecture aussi appelé lexique mental ou « capital de mots ». Le lecteur utilise cette entrée pour reconnaître instantanément un mot qu’il est habitué de rencontrer dans ses lectures.

Exemple : Le fait qu’un lecteur débutant reconnaisse globalement le mot « maison » pendant sa lecture veut dire qu’il l’a intégré à son vocabulaire global. Il utilise alors une entrée idéographique.

C’est l’approche la plus utilisée par les lecteurs expérimentés, puisqu’ils sont capables de reconnaître plusieurs mots globalement (leur vocabulaire de lecture étant plus étendu). Cette stratégie de lecture permet de se concentrer sur le sens du texte, plutôt que sur le décodage.

Le problème majeur de l’élève en difficulté de lecture est qu’il n’utilise qu’une seule entrée et lorsqu’il ne trouve pas de sens il n’a pas d’autres alternatives. Le lecteur débutant doit donc apprendre à utiliser simultanément les cinq entrées en lecture. Par exemple, si un enfant utilise constamment l’approche idéographique, il ne pourra pas lire les mots qui ne font pas partie de son vocabulaire de lecture. Il faudra donc l’amener à essayer d’utiliser une autre entrée, par exemple, l’entrée grapho-phonétique ou syntaxique... Le lecteur débutant doit donc prendre conscience de l’efficacité des stratégies employées et être capable de savoir quand il doit privilégier chacune des entrées et comment les utiliser. »

Caouette et Tardif 1986

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