Méthodes synthétiques

 

 

 

 

 

 

 

 

Pour ces méthodes, on part du principe que l’apprentissage doit commencer par les éléments les plus simples pour aller vers des éléments plus complexes. Puisque le lecteur doit passer de la lettre à la syllabe, de la syllabe au mot et du mot à la phrase, il doit faire la synthèse de ces éléments et c’est pourquoi les méthodes relevant de cette approche sont qualifiées de synthétiques.

 

Ces méthodes mettent l’accent sur le code donc les signes composant notre système alphabétique. Lors de l’apprentissage, elles font surtout appel à l’aspect auditif et à la mémoire de l’apprenti-lecteur. Puisque nous partons des éléments les plus simples pour aller vers des éléments plus complexes, la démarche peut s’inscrire dans un triangle.

 

 

 

Correspondances lettre-son

 

Ces méthodes d’enseignement de la lecture visent l’acquisition d’automatismes par la répétition sans mettre l’apprenti-lecteur dans une situation qui tienne compte de ce qu’est réellement la lecture, c’est-à-dire une recherche de sens. L’élève apprend à identifier les voyelles puis à associer le nom d’une consonne aux voyelles. Habituellement, l’apprentissage débute par les consonnes les plus fréquentes, c’est-à-dire les correspondances régulières dans l’association lettre-son. On enseigne une seule association lettre-son à la fois. Lorsque l’enfant connaît quelques associations, il lit des mots puis de courtes phrases. Voici un exemple tiré de « Jouons ensemble » de Forest-Ouimet.

 

 

exemple

 

Non seulement, il y a répétition de syllabes mais les mots sont choisis en fonction des lettres déjà apprises et non du vocabulaire familier de l’enfant. Ces mots sont souvent très peu significatifs pour lui comme par exemple « boa », « lobe », « obole ». De plus, on construit les phrases à partir des mots contenant des sons déjà vus. Alors nous avons des phrases comme « bébé lili a obéi à léo » qui suscitent peu d’intérêt pour l’enfant. Compte tenu de ces exigences, les textes viennent beaucoup plus tard au cours de l’apprentissage. L’apprentissage de la lecture est donc centré sur le décodage et non une recherche de sens.

 

Puisqu’on commence par les correspondances lettre-son régulières, plusieurs enfants rencontrent des difficultés avec les correspondances irrégulières.

 

Pourquoi « ville » et « fille » ne se prononcent-ils pas de la même façon?

Pourquoi disons-nous « Mes fils jouent au ballon » mais « J’ai des fils électriques dans mon coffre à outils » alors que les deux « fils » s’écrivent de la même façon.

Comment s’y retrouver avec la lettre « g » quand il se prononce tantôt [g] comme dans gorge, tantôt comme dans Georges ?

Nous pourrions continuer avec la lettre « s » qui à certaines occasions se prononce comme « z » (oiseau) ou ne se prononce pas (brebis), le « ai » qui se prononce certaines fois comme un « é » (j’irai) et d’autres fois comme un « è » (le mois de mai).

 

Avec les méthodes synthétiques, toutes ces irrégularités, très nombreuses, apportent des difficultés surtout quand le mot est lu hors contexte.

 

Des auteurs de manuels scolaires ont essayé de palier à certaines de ces difficultés. Par exemple, la démarche que propose Simone Buissière a pour but de rendre la lecture un peu plus significative afin d’intéresser les enfants. Elle remplace certains mots par des illustrations alors que certains autres sont appris globalement, comme le nom des deux personnages, LÉO et LÉA ainsi que les déterminants (le, la , les, un, une …), certains mots liens (et, dans …). L’enfant peut donc lire plus tôt des phrases et de courts textes mais on retrouve les mêmes difficultés au niveau de la langue.

 

 

exemple

 

Approche phonologique

 

Cette approche a le même genre de progression que l’approche par correspondances lettre-son. Cependant, on part du son de la lettre et non du nom de la lettre. Effectivement, on ne dit pas « l et a » mais « la ». C’est Borel-Maisonny qui, en France, propose cette approche avec des enfants en difficulté. En plus d’utiliser le son, il y a un geste qui accompagne chaque phonème

 

 

exemple

 

Ce geste est soit la reproduction de la lettre avec la main, soit la façon dont le son se prononce.

 

 

exemple

 

L’idée est intéressante et Sylvestre de Sacy en a fait un manuel scolaire qui connaîtra un certain succès à la fin des années 70. Cette démarche apporte toutefois quelques difficultés dans une classe régulière car la plupart des enfants savent déjà le nom de plusieurs lettres et on leur demande de faire un nouvel apprentissage soit celui du phonème, qui semble presque en contradiction. Quant au support gestuel, il est parfois utilisé avec abus, c’est-à-dire pour presque tous les sons, ce qui complexifie l’apprentissage pour certains élèves.

 

 

 

 

 

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