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Les manipulations linguistiques

La langue se déroule à la fois selon

l’axe des rapports syntagmatiques, c’est-à-dire l’axe de succession des unités linguistiques (groupes formant une unité dans l’organisation hiérarchique de la phrase)

Exemple : groupe nominal sujet [GNs], groupe verbal [GV], groupe complément de phrase [GcP], mais aussi, à un autre niveau, groupe adjectival [GAdj], groupe préprositionnel [GPrép], GN, etc.

 

1er niveau : les constituants de la phrase

Cet automne, les premiers flocons de neige

GcP GNs

ont hâtivement couvert d’un linceul tout blanc les sentiers forestiers.

GV

2e niveau : les groupes syntaxiques

les premiers flocons de neige

GPrép

d’un linceul tout blanc

GPrép

 

les sentiers forestiers

GN

 

Cet automne

GN

 

d’un linceul tout blanc

GAdj

 

les sentiers forestiers

GAdj

 

l’axe des rapports paradigmatiques, c’est-à-dire l’axe de substitution des mots. En effet, chaque terme fait l’objet d’un choix exclusif de la part du locuteur; il est donc substituable, situé en un même point de la chaîne parlée.

 

                   La neige                  

 

     tombe         

 

sur les arbres.            

 

Les flocons

 

volettent

 

sur la forêt endormie.

 

 

L’existence de ces deux axes permet d’effectuer certaines manipulations, c’est-à-dire certaines modifications qu’on impose à un mot, à un groupe de mots ou à une phrase pour en faire émerger sa ou ses caractéristiques surtout syntaxiques. L’axe syntagmatique, horizontal, est celui sur lequel s’effectuent l’addition, l’effacement ou la soustraction et le déplacement. L’axe paradigmatique, vertical, est celui sur lequel s’effectue une seule manipulation; le remplacement ou la substitution.

Les manipulations linguistiques sont à la fois des procédés qui permettent de découvrir le fonctionnement de la langue et des moyens de vérification des connaissances grammaticales. C’est pourquoi elles s’avèrent des outils stratégiques pour l’apprentissage de la grammaire.

A) L’addition

L’addition consiste à ajouter des compléments ou des expansions à l’intérieur d’une phrase ou d’un groupe de mots pour en explorer les possibilités d’enrichissement.

L’addition permet ainsi d’ajouter un ou des groupes compléments de phrase aux constituants obligatoires de la phrase de base, précisant entre autres les circonstances de lieu ou de temps.

Les flocons tombent dru.

Depuis l’aube, les flocons tombent dru sur la ville endormie.

L’addition permet de transformer une phrase de base en phrase complexe en ajoutant une subordonnée relative pour caractériser un objet.

Les flocons, qui ressemblent à de gros papillons blancs, tombent dru sur la ville endormie.

B) L’effacement ou la soustraction

L’effacement ou la soustraction dans une phrase ou un groupe de mots consiste à supprimer un ou plusieurs éléments sans que la phrase ou le groupe deviennent incorrects d’un point de vue grammatical (syntaxiquement et sémantiquement parlant). La soustraction est utilisée pour trois raisons principales :

Distinguer les éléments obligatoires des éléments facultatifs. Ce qui ne peut s’effacer est essentiel à la phrase ou au groupe. Ainsi, dans la phrase suivante, ce qui est entre crochets est facultatif, le reste est obligatoire :

[Depuis quelques jours], la gelée [blanche] couvre les pelouses [du quartier où j’habite].

Il s’agit de compléments ou d’expansions. La phrase minimale serait donc :

La gelée couvre les pelouses.

Identifier différentes fonctions syntaxiques. Le groupe du nom sujet (GNs) et l’attribut du sujet sont ineffaçables sinon la phrase devient agrammaticale.

La gelée blanche couvre les pelouses du quartier.

? couvre les pelouses du quartier.

Les pelouses du quartier semblent givrées.

Les pelouses du quartier semblent ?

Les groupes complément du nom ou complément de phrase (GcP) sont effaçables.

Cet hiver, les nouvelles raquettes, qui sont à la fois légères et résistantes, font fureur.

Les raquettes font fureur.

Cet hiver : complément de phrase

Nouvelles : complément du nom

Qui sont à la fois légères et résistantes : complément du nom

Trouver les éléments qui déterminent un accord.

Par exemple, pour trouver l’accord du verbe avec le sujet, il faut d'abord repérer les constituants obligatoires de la phrase (GNs et GV). Pour ce, il est parfois nécessaire de retrouver la phrase minimale pour faire apparaître dans le GNs ce qui détermine l’accord.

La dernière sortie [de ski de fond] [à laquelle j’ai participé la semaine dernière avec des amis] était plutôt réussie.

La sortie était réussie.

C) Le déplacement

Le déplacement est une opération qui consiste à changer de position un groupe de mots ou un mot à l’intérieur d’une phrase, entre autres, pour distinguer le complément du verbe du complément de phrase.

Le complément du verbe ne se déplace pas à moins de le pronominaliser ou de le reprendre.

Je déplore [que le jour tombe si vite].

[Que le jour tombe si vite], je déplore. La phrase est agrammaticale

[Que le jour tombe si vite], je [ le] déplore.

Par contre, le complément de phrase est toujours déplaçable.

[Quand l’hiver arrive], je déplore que le jour tombe si vite. Je déplore que le jour tombe si vite, [quand l’hiver arrive].

D) Le remplacement ou la substitution

Le remplacement ou la substitution est une opération syntaxique qui consiste à remplacer un mot ou un groupe de mots par un autre mot ou un groupe de mots. La substitution est utilisée pour quatre raisons principales :

Délimiter les frontières d’un groupe.

Pour identifier les limites d’un groupe, on le remplace par un autre groupe ou par un mot. Ceci démontre bien qu’un groupe forme un tout.

[Ce fameux automne où il a fait si beau], nous avons eu droit à deux étés des Indiens. [Cet automne], nous avons eu droit à deux étés des Indiens.

Cette opération de substitution est fort utile pour délimiter le GNs, qu’on remplace par un pronom. On le pronominalise.

[L’été des Indiens, qui est une véritable féerie de couleurs], nous redonne un regain d’énergie avant d’entamer l’hiver.

[Il] nous redonne un regain d’énergie avant d’entamer l’hiver.

Trouver à quelle classe appartient un mot.

Pour savoir à quelle classe appartient tel mot ou tel groupe de mots, on le remplace par un autre mot dont on connaît déjà la classe. Il en va ainsi pour les déterminants complexes moins familiers aux élèves.

[Une foule de] découvertes ont été réalisées sur les mammifères marins. [Des] découvertes ont été réalisées sur les mammifères marins.

Vérifier les accords dans le GN ou les accords entre le sujet et le verbe.

Il est pertinent de vérifier l’accord entre le déterminant, le nom et l’adjectif, en remplaçant le nom par un autre d’un genre ou d’un nombre différent.

[Les feuilles jaunies] forment un tapis somptueux. [Le feuillage jauni] forme un tapis somptueux.

On peut également vérifier l’accord entre le sujet et le verbe, en changeant le sujet en nombre, ce qui fait varier la terminaison du verbe.

À cause du vent, [les feuilles d’arbre] jonchèrent le sol. À cause du vent, [la feuille d’arbre] joncha le sol.

Identifier la fonction d’un groupe.

La substitution d’un groupe du nom par un pronom permet d’identifier les fonctions : sujet, attribut du sujet, complément direct et complément indirect du verbe. Ce groupe est dit pronominalisable.

- Sujet

[Le récit que je suis en train d’écrire] se déroule en Alaska. [Il] se déroule en Alaska.

- Attribut du sujet

Dans le jardin, le tilleul semble [très malade].

Dans le jardin, le tilleul [le] semble.

- Complément direct du verbe (CD)

Au printemps, nous scierons [le tilleul qui est malade].

Au printemps, nous [le] scierons.

- Complément indirect du verbe (CI)

J’écris une lettre [à ma marraine].

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